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Le socialisme dans le monde globalisé – Edito de François Hollande

La crise des subprimes a surgi dans l’été 2007. Niée dans son ampleur par les gouvernements, minorée par les banques, elle a fini par se diffuser à l’ensemble du système financier. Nous comprenons mieux l’enchaînement des faits : les moins values boursières se sont ajoutées aux pertes des banques et le coût du crédit en a été renchéri. Là où il devait y avoir transparence et information, les marchés ont fonctionné dans l’opacité et le court terme.

Mais pouvait-il en aller autrement ? Cette crise n’est pas un accident conjoncturel. C’est une conséquence des désordres que les produits dérivés ont provoqués. Les instruments sont devenus si complexes qu’il est impossible de faire respecter les règles supposées les encadrer. De ce point de vue, l’incroyable fraude dont a été victime la Société Générale en janvier dernier participe des mêmes mécanismes.
L’extrême complexité des circuits financiers a permis à un simple trader de passer outre tous les contrôles.

Les gouvernants, et notamment les nôtres, ont dénoncé un dérapage, exigé plus de clarté dans les comptes, demandé des sanctions. Mais au-delà des mots, qu’ont-ils fait ? Ils ont pensé que la tourmente passerait au-delà de nos côtes. Ils ont nié l’impact des pertes boursières sur l’économie réelle. Ils ont appelé à la rescousse les banques centrales pour qu’elles injectent de la liquidité. Mais ils n’ont pas organisé, à l’échelle internationale, la régulation nécessaire. Bref, ils sont restés impuissants.

La sphère financière est devenue, pour une grande partie, autonome par rapport à l’économie réelle. Elle ne fonctionne plus que pour elle-même et pour l’enrichissement de ceux qui travaillent et qui la contrôlent. Les marchés ont fait sécession avec l’économie réelle tout en aspirant des milliards et des milliards à l’économie productive, à l’investissement, à la recherche, aux salaires. Les entreprises et en premier lieu les PME, ne parviennent plus à se financer. On explique aux salariés qu’ils doivent se serrer la ceinture pour éponger les milliards perdus par une minorité, qui, elle, n’en souffre qu’indirectement.

Ce système doit être réformé, faute de quoi les mêmes causes produiront à l’avenir les mêmes effets. Des règles de transparence beaucoup plus strictes doivent être imposées. Des principes prudentiels doivent être élaborés pour assurer la stabilité et la viabilité des produits financiers. Les socialistes doivent tenir toute leur place dans cette réflexion en faisant des propositions. C’est le sens de ce numéro de la revue socialiste.

Une réponse à “Le socialisme dans le monde globalisé – Edito de François Hollande”

  1. Les publications » Blog Archive » La Revue socialiste n°30 - Le socialisme dans le monde globalisé a dit :

    [...] Les publications du Parti socialiste « Le socialisme dans le monde globalisé – Edito de François Hollande [...]

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